mardi 30 août 2011

Perdre pied

Une chance que j'ai des entraînements et Juliette pour me sortir de la maison car je crois que je perdrais pied.
Hier, j'étais épuisée et triste...
J'étais allée voir ma mère la veille.
Elle va bien, elle est traitée contre le zona - un effet secondaire de la chimiothérapie car son système immunitaire est affaibli.  De ce fait, elle n'a pas eu son deuxième traitement de chimiothérapie.

Je ne savais pas trop de quoi lui parler...
Ma mère aime beaucoup regarder la "tivi" et la communication est parfois difficile parce que nous avons de moins en moins de points en commun.
On règle aussi des "choses plates": elle m'a remis une copie de son testament et de son mandat d'inaptitude.
Des "choses plates" qu'on ne voudrait pas voir.
Ma mère essayait aussi d'obtenir des informations sur ma soeur.
Je lui ai dit que je n'avais pas eu de nouvelles et que de toute façon, ça ne servait à rien de parler de ça parce qu'elle allait finir mal de toute façon (ma soeur).
Une chance que Juliette était là, à faire la folle, à demander la porte aux 30 minutes car elle ne se souvenait pas que c'était le déluge dehors.

Une chance aussi que, le samedi, j'avais fait 3h30 de vélo avec une amie et que j'avais soupé en bonne compagnie chez des amis de Rougemont.

La tristesse a diminué aujourd'hui et je suis allée courir avec Juliette.
Elle est drôle car, maintenant, lorsqu'elle a chaud ou qu'elle est essoufflée, elle se "pitche" dans le gazon et se roule sur le dos!!!  Je lui dis donc: "de l'eau, de l'eau".  Elle se relève, me regarde et je lui donne à boire avec mon bidon d'eau de vélo.

J'aime courir avec Juliette car elle fait sourire les gens!
Et même si elle me fait parfois trébucher, elle m'aide à ne pas perdre pied.

La semaine passée:
23km de course à pied
75km de vélo

Mon oeil et Juliette avec son harnais de course, prêtes à partir pour courir!

jeudi 25 août 2011

Je suis déjà en 2012!

Ça alors!
Je savais que plus on vieillit, plus le temps passe vite, mais je suis déjà en 2012... pour mon calendrier de compétitions!

Je suis inscrite pour le demi-Ironman de Mooseman le 3 juin pour les avoir les maudites côtes en début de saison.
Mais maintenant je sais que Rougemont c'est une "pas pire" pratique!

Je vais m'inscrire au demi-Ironman de Mont Tremblant le 24 juin pour apprivoiser le parcours.
Les inscriptions s'ouvrent le 19 septembre à midi.  C'est noté dans mon agenda du bureau et je vais passer l'heure du lunch à me faire dire que le serveur reçoit trop de demandes de connexion en même temps!

Je suis naturellement inscrite à l'Ironman de Mont Tremblant le 19 août: c'est pour mon cadeau de fête de 43 ans!!!

Pour Mont Tremblant: j'espère qu'ils auront refait l'asphalte sur le parcours...!!!  Je vais peut-être aller y rouler samedi, si je réussis à  me réveiller assez tôt!

J'ai recommencé à courir plus régulièrement et comme la température est plus fraîche, je peux courir avec Juliette.  La dynamique est différente!  Je dois parfois m'arrêter car la Mizz fait des pauses pipi de façon inopinée, ou elle décide de se rouler pour faire la belle et pour me montrer qu'elle est ben, ben, ben contente!!!

Je veux aussi bien me préparer pour le Défi des Collines, ça s'en vient vite le 4 septembre!  Je suis inscrite au 30km.  Naturellement, l'enfer étant pavé de bonnes intentions, je me dis tout le temps que je vais aller courir la montée Connaught à Ottoburn Park ou les Petites Carolines à Rougemont, mais je me trouve toujours des prétextes...  En tout cas, on va voir si les "collines" du Défi ne sont pas des montagnes pour moi.

À suivre!!!
Juliette tout sourire!

dimanche 21 août 2011

J'suis fâchée là!

J'étais toute contente de reprendre mon entraînement de façon graduelle.

Aujourd'hui je planifiais aller courir dans les sentiers de la Cidrerie Michel Jodoin.

Pfft!  J'aurais dû me souvenir que la dernière fois que j'étais allée courir en "trail" au Mont St-Bruno je m'étais fait une entorse.

J'étais avec Juliette, nous grimpions allègrement.  Les roches du sentier étaient mouillées et glissantes de la pluie qui était tombée plus tôt.  Et puis, ça y'est, j'me tourne le pied et ça me fait mal.

Même pas un kilomètre de fait.
Je décide de continuer quand même car la douleur n'est pas si pire, sauf que j'avais oublié que tout ce qui monte, redescend et que Juliette est une chien de chasse, qu'elle tire lorsqu'elle sent des pistes et que dans le bois, comme ça, des pistes, il y en a partout!

J'ai eu beaucoup de difficulté à revenir car je devais constamment rappeler à Juliette d'aller lentement en lui disant "slow", "attends" et je perdais un peu patience parce que je me retournais constamment la cheville et j'avais de plus en plus mal.  Je me suis mise à trouver que c'était très humide dans le bois.  
Je suis sortie du sentier fâchée.
Dommage parce que c'était tellement beau.
La prochaine fois, j'y retourne juste avec d'autres humains et en marchant!!!

Pour me consoler, je suis allée manger un burger de bison à la célèbre Cantine Simone!
La date de fermeture de la cantine est à l'Halloween, j'aurai le temps d'y retourner pour goûter au burger de cerf, de sanglier ou d'autruche!!!

En soirée, la Mizz Juliette était bien énervée alors nous sommes allées au cimetière.
Juliette s'est épivardée en masse et maintenant elle dort en p'tite boule sur le sofa à côté de moi!

Demain, retour au travail... Hum!  C'est bien par obligation!

Je vous rassure, Juliette n'a pas mangé Arthur!


vendredi 19 août 2011

Ma journée d'anniversaire

Mizz Juliette s'est assurée que je commencerais à fêter très tôt en me réveillant à 4 heures du mat' pour manger!!!
Ben, vous savez quoi? Je me suis recouchée un peu!
J'ai beaucoup ri lorsque j'ai mis ma montre.
En effet, lorsqu'on entre les données dans notre montre Polar pour pouvoir voir nos zones d'entraînement, il faut aussi mettre notre date de fête.
J'ai trouvé ça vraiment trop rigolo de voir le gâteau de fête avec les chandelles sur l'écran de ma montre!


Quelques minutes plus tard après avoir pris cette photo, ma mère m'a appelée pour me souhaiter un joyeux anniversaire, malheureusement, elle s'est mise à parler de son cancer, de quelques effets secondaires de la chimiothérapie et d'une crise de fibromyalgie qu'elle pensait faire...
J'aurais aimé avoir un p'tit break du cancer pour ma journée de fête...
Mais bon, on n'a pas tous la même sensibilité!!!

Pour le lunch, mon père et mon oncle m'emmenaient manger au Manoir Rouville Campbell.














Nous étions sur la terrasse, à l'ombre.
Au menu:
Gaspacho
Sauté de boeuf à l'oriental
Le dessert:
Brownies avec petit glace à l'orange qui m'a fait beaucoup rire!
J'ai l'air jeune pour 60 ans!
On n'a jamais su d'où venait l'erreur, mais on a rigolé en masse!

J'ai aussi énormément ri quand mon père est arrivé discrètement avec mon cadeau!!!


Je me souhaite donc à moi-même et à vous tous aussi: 365 jours durant lesquels vous rirez de bon coeur au moins 3 fois par jour!!! Minimum!

De retour à la maison, j'ai fait une sieste: je ne suis pas habituée à boire du Kir et du rosée à l'heure du lunch!

En soirée, une longue promenade avec Juliette.
Notre nouveau spot: le cimetière derrière l'église St-Joseph.
C'est l'endroit idéal pour la laisser courir libre.
Juliette adore l'endroit.
Elle gambade entre les tombes, explore et trouve des choses étranges dans un cimetière... comme une balle de softball!!!
Il y a une affiche dans le cimetière qui dit "défense de flâner" alors j'en profite pour visiter mes ancêtres: Auclaire, Brouillet, Meunier et Thistlethwayte!

Stanislas, c'était mon arrière grand-père!

Ann Thistlehwayte c'était mon arrière-arrière grand-mère.

Juliette s'amuse devant la tombe de mon grand-père (Armand), 
grand-oncle (Origène!) et grande-tante (Cécile)!!!

J'ai bien l'intention de m'attaquer à mon arbre généalogique: tout ça grâce à Juliette et c'est aussi une bonne façon de célébrer mes racines.  

jeudi 18 août 2011

Aurevoir... 41 printemps!

Bon, quoi dire, quoi écrire!

L'après-Ironman a été difficile...
Bronchite traitée avec des antibiotiques auxquels j'ai fait une réaction allergique!
Une genre de crise d'urticaire qui a commencé au niveau des chevilles et qui, chaque jour, montait un peu plus...  J'avais de petites cloques presque microscopiques et ça grattait!
Je ne me réveillais plus la nuit pour tousser, mais pour me gratter!!!
Cette allergie n'a été que confirmée lorsque j'ai terminé de prendre lesdits antibiotiques...
La première semaine de mon congé de maladie n'a pas été reposante.

La deuxième (celle-ci qui se termine) a passé bien trop rapidement.
Le temps est vraiment un luxe dans notre société moderne... J'aurais pris une troisième semaine si j'avais pu... et une quatrième aussi!

J'ai recommencé à courir avec Juliette même s'il fait légèrement un peu trop chaud pour elle, mais elle a droit à des saucettes dans le Canal, sous le viaduc de la 112 car il y a une grosse roche lui permettant de descendre à l'eau.
J'aime bien la voir nager, et elle, elle a l'air de bien apprécier!

Bon, ça c'est l'après-course quand la Mizz se repose pour mieux me faire damner lorsqu'elle se réveillera!


Ici, il n'y a pas que les congés de maladie qui passent vite... les années aussi!

Et comme à chaque période anniversaire, je m'interroge sur ma vie, ce que j'ai fait, ce que je ferai et ce que je devrais faire!!!
Mon septennat se termine...
J'aime bien diviser mes tranches de vie en tranches de 7 ans, pas que je me prenne pour un président de la République française, mais j'ai cru remarquer que cette division était significative pour moi.
Elle représente des débuts, des fins, des coups de tête...
Bon, je ne m'étendrai pas sur le sujet: mon blog n'est pas le divan d'un psychanalyste!
Mais faites l'exercice pour voir s'il n'y a pas de faits marquants qui séquencent le rythme de votre vie.

J'ai la fin de mes 41 printemps un peu nostalgique.
J'ai pris une longue marche de deux heures avec Juliette.
Nous nous sommes arrêtées dans le Parc des Ateliers pour voir le tango dans le parc organisé par Tango Rico.  Ça m'a rappelé l'époque de Tango Libre, ay nostagia, qué pasaron los años!

Je me suis mise à réfléchir à tout ce que j'avais vécu et qui fait de moi ce que je suis maintenant:
pas d'enfants, mais une belle famille à 4 pattes toujours aimante,

(presque tout le monde y est: Aube un peu cachée par Monsieur, Watson et Clouzot qui ont étrenné le petit lit de la chambre d'invité - Arthur devait dormir ailleurs, dans le solarium, n'est-ce pas?)

Arthur se faisant chauffer la couenne!

des amis qui m'entourent bien, une famille humaine dysfonctionnelle mais remplie de bonnes intentions, des rêves et des projets intéressants.
Vraiment, j'ai tout pour être heureuse (sauf pour le boulot mais ça va s'arranger) et, en plus, j'ai vu une étoile filante à la brunante!  Quoi demander de mieux, sinon faire un voeux?

Alors, c'est finalement sans tristesse que je vous quitte mes 41 printemps!
Demain, sera un autre jour!

Et vous, lecteurs, je vous laisse avec Ronsard et son carpe diem:

Mignonne, allons voir si la rose

A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.



jeudi 28 juillet 2011

Ironman Lake Placid 2011

Vendredi 22 juillet 
Je suis arrivée à Lake Placid le vendredi après-midi.
Je suis allée chercher mon sac du coureur et mon numéro.  J'ai eu droit à la pesée officielle.  Hum! 145 livres: oops, j'ai encore abusé avec le "carb loading"!!! 

Je me suis ensuite dirigée au Amanda's Village Motel à Saranac Lake, à environ 20 minutes de Lake Placid. 

Mon amie Martine qui participait à son premier Ironman était déjà arrivée.  
J'ai défait mes valises et j'ai préparé mes sacs de transition et de "special needs" pour le vélo et la course.  
Dans un Ironman, il est interdit de laisser des choses dans la zone du vélo, il y a des crochets où on doit accrocher nos sacs de transition avant de nous diriger vers la tente pour nous changer.  


En soirée, nous sommes allées manger des pastas! 

J'ai passé une nuit mouvementée durant laquelle j'ai fait de mauvais rêves... Arrggh!

Samedi 23 juillet
Nous sommes allées à Lake Placid en fin d'avant-midi pour un petit entraînement, histoire de nous donner confiance. 
45 minutes de vélo, suivi de 12 minutes de course à pied (il faisait trop chaud)! 

Ensuite, il était temps d'aller porter les vélos dans la zone de transition.   
C'est toujours impressionnant de voir autant de vélos.  
Nous avons terminé la fin du petit entraînement par une courte saucette dans le Mirror Lake.  L'eau était vraiment chaude et la rumeur circulait déjà qu'on n'aurait peut-être pas droit au wet suit durant l'Ironman!!! 
Avant de repartir de Lake Placid, j'en ai profité pour aller magasiner des runnings.  J'ai acheté des Saucony Kinvara un point plus grand que ce que je prends d'habitude étant donné que j'ai perdu l'ongle d'orteil du gros orteil du pied droit en mai passé... J'ai aussi acheté des Vibram Five Fingers que je vais porter graduellement.  

En fin d'après-midi, Maurice et Julie, mes "supporters" officiels sont arrivés au Motel.  Nous avons encore mangé des pastas pour souper!!!  
Je me sentais moins fébrile que l'an passé, mais je crois que c'était surtout dû à la fatigue.  

Je me suis couchée tôt, à 21h30 car je voulais me lever à 3 heures du mat. 
La nuit a été pénible, je me réveillais aux demie-heures jusqu'à environ 1h.  
C'est Maurice et Julie qui m'ont réveillée à 3 heures: je n'ai même pas entendu la sonnerie de ma montre!!! 

Dimanche 24 juillet
La première chose que j'ai fait c'est d'appliquer de la crème solaire. 
J'ai mis mon kit de triathlète et j'ai attaché mon "timing chip" à ma cheville gauche.  
J'ai ensuite déjeuné selon le plan de nutrition que Catherine, d'ATP Nutrition, m'avait préparé l'an passé.    Deux sachets de gruau avec du blanc d'oeufs, une moitié de banane et des petits fruits.  
Nous sommes partis du Motel vers 4 heures du matin.  Martine nous suivait dans une autre voiture.  
Arrivé à Lake Placid, nous avons stationné la voiture et je me suis reposée jusqu'à 5 heures.  

Nous avons rejoint Martine.  
Elle et moi sommes entrées pour le marquage et ensuite nous nous sommes dirigées vers les vélos.  J'ai aidé Martine à gonfler ses pneus car à cause de l'énervement, elle avait complètement dégonflé le pneu avant et n'était pas capable de le regonfler!  Ah, la nervosité!  
J'ai ajouté une bouteille de thé glacé au Thé Vert Arizona car le Gatorade que j'avais acheté ne goûtait pas bon, j'ai acheté la formule diète par erreur!  

Direction sacs de specials needs.  Il fallait marcher environ 1km pour aller porter les deux sacs pour le vélo (j'y avais ajouté deux bouteilles de Ensure et des gels Carboom).  Dans mon sac de course, j'avais mis mon coupe-vent sans manche vert fluo et des PowerBar Gel Blast.  

À partir de 6 heures, le temps s'est mis à passer très vite. 
Martine et moi avons enfilé nos wet suits.   
Les athlètes qui voulaient se qualifier pour Kona ne devaient pas le porter car l'eau était bien chaude.  
Mais moi, Kona, ça ne m'intéresse pas de la faire même si c'est un Ironman mythique: il fait bien trop chaud pour moi là-bas, je connais et je respecte mes limites!!!



Nous avons dit au revoir à notre gang et on a marché vers la zone de départ.  
J'ai repris la même stratégie que l'an passé.  Je suis allée me placer complètement vers la droite.


J'ai croisé un petit groupe enthousiastes et on s'est encouragé mutuellement: "It's amazing, you're there, have a great day!"  Ah!  J'aime tellement les gens de triathlon! 

On a eu droit à l'hymne national des États-Unis et ensuite, ce fût le coup de départ!  
Aaaaahhhhhh!  Je peux dire que j'ai pris un bon rythme dès le début de la natation.  
Je me sentais confortable.   Je nageais bien.  
Vers le premier tiers du trajet, j'ai eu un petit moment de panique parce qu'il y a beaucoup de nageurs qui  m'ont accroché.  J'ai pris le temps de me calmer un peu.  
Ensuite, j'ai été dans ma bulle et tranquillement, j'ai pu m'approcher des bouées pour longer la corde jaune, celle qui nous permet de rester dans le courant et de nager sans effort.  
Un monsieur m'a donné un coup sur la tête et a failli arracher mes lunettes.  
J'ai gardé mon calme et le monsieur s'est excusé.  
J'ai continué et j'étais bien contente d'arriver vers la fin pour pouvoir entamer mon deuxième tour. 

Le deuxième tour a été merveilleux, j'ai pris la peine de prendre ma place sans frapper personne.  Mais je commençais à avoir vraiment faim et je rêvais à mes 2 beurrées de Nutella.  Une était dans mon sac de transition de vélo et l'autre était dans mon bento-box sur mon vélo!  

C'est merveilleux d'entendre la clameur de la foule lorsqu'on s'approche de l'arrivée (et de la fin de la nage).  J'étais soulagée de savoir qu'enfin, la portion de natation était terminée.  Sur la photo officielle, on voit que je suis crevée.  

Après avoir passé par les "wet suit strippers": ce sont des bénévoles qui nous aident à enlever les jambes de nos wet suits, j'ai couru jusqu'à la zone de transition.  
Je savais que je devais avoir fait un bon temps de nage car il y avait beaucoup de femmes dans la tente qui sert de vestiaire pour se changer.  
J'ai ouvert mon sac, j'ai commencé à manger ma beurrée de Nutella!!!
J'ai ensuite mis mes bas, mes souliers, mon numéro de dossard.  
Je me suis dirigée vers la table pour me mettre de la crème solaire dans le visage. 
J'en ai trop mis, j'avais toute la figure blanche et j'ai dû enlever le surplus avec un kleenex!  
J'ai mis mes lunettes, enfilé mon casque. 
Je me suis dirigée vers les vélos. 
J'ai crié mon numéro, on m'a donné mon vélo.  
J'ai couru jusqu'à la zone où on pouvait monter et commencer à pédaler.
Wow, soulagement, ça s'est déroulé comme sur des roulettes.  

Le début du trajet commence par une grosse côte qu'on descend: c'est grisant!!! 
Pour le vélo, j'avais décidé de fonctionner sans odomètre ni moniteur de fréquence cardiaque.  Je voulais y aller au feeling et respecter mon rythme.  
Je suis parti "mollo" parce que je ne voulais pas faire comme l'an passé et faire un 2ème tour aussi rapide que le premier.   
J'étais heureuse, mais aussi pleine d'émotions.  
Puisque je n'avais pas été pédaler à Lake Placid cette année, il y a des parties du trajet qui me semblaient toute nouvelle.  Je trouvais les paysages grandioses et, à un moment, je me suis mise à pleurer à pensant à Monick, en me disant qu'elle ne verrait plus jamais la grandeur des beaux paysages.  
J'ai pédalé quelques kilomètres en pensant à Sylvie car je lui avais promis!  Je pense que j'ai pédalé les plus beaux pour elle!

J'ai eu un gros mal de tête durant tout le 1er tour et quelques spasmes au dos, mais ils ont disparus.  
Le mal de tête, est, chez moi, annonciateur de problèmes de digestion...
Le plus difficile ont été les spasmes à l'estomac qui m'ont fait souffrir durant une bonne moitié du parcours sinon plus. 
Mon estomac ne pouvait supporter quoique ce soit qui contenait du sucre!  
Je ne pouvais que boire de l'eau.  Même boire du Ironman Perform faisait tressaillir mes entrailles.  


Durant un certain moment la douleur était tellement intense que j'ai pensé arrêter la course car je ne savais pas si c'était dangereux (je m'imaginais que c'était peut-être ma rate qui allait éclater comme quand on a une mononucléose et qu'il faut faire attention).  
J'avais la nausée et j'ai pensé à Geneviève qui en a eu plus d'une fois!!!
J'avais tout l'abdomen super dur et enflé.  
Avec le recul, je crois que j'ai dû faire un petit coup de chaleur car il y a eu une période durant laquelle j'ai eu froid et j'avais des frissons!!! 
J'ai quand même réussi à manger une barre Maxim au caramel, 4 sachets de power gel blast (jujubes) et un gel que j'ai trouvé dégueulasse. 
Je ne veux plus rien savoir des gels!!! 
En fait, la seule chose qui passait bien étaient les morceaux de bananes que je prenais à chaque poste de ravitaillement.  
À un des postes de ravitaillement, les jeunes filles bénévoles étaient tellement gentilles, elles remplissaient nos bouteilles pendant qu'on allait au p'tit coin!  J'ai même eu droit à de la  crème solaire!!!
En tout cas, il va falloir que je trouve une alternative pour éviter le sucré, parce qu'en plus de mes douleurs d'estomac, j'ai eu la "chiasse".  
Je devais m'arrêter à chaque toilette et j'ai dû faire trois arrêts dans le bois (2 en vélo et 1 en course à pied).  
Je me changeais les idées en regardant les merveilleux paysages des Adirondaks et en regardant les vieilles maisons de bois.  J'ai d'ailleurs revu la vieille maison toute déglinguée en bois qui est à vendre depuis au moins trois ans.  Ah!  Si j'étais riche.
"Maudit" que c'est beau faire du vélo dans ce coin-là!  
J'ai revu le couple et leurs deux chèvres qu'ils promènent en laisse.  
Au deuxième tour, j'ai pris la peine de m'arrêter pour aller "minoucher" Barney et Franky, les deux chèvres!  Je me disais que c'était peut-être la dernière fois que je participais à l'Ironman de Lake Placid.  
J'ai aussi eu droit à la dame qui jouait de la cornemuse dans un coin perdu de campagne!

Malgré mes douleurs, j'étais heureuse d'être en vélo.  J'ai beaucoup pensé à ma mère en me disant qu'elle avait dû souffrir beaucoup plus que moi avant de se faire opérer pour le cancer.  Je lui ai dédié mes coups de pédales et j'ai fini en force dans le village: j'étais tellement contente d'être enfin arrivée!
En course à pied... Eh ben, j'ai appris, à la dure, qu'un marathon ça pouvait se marcher!!! 
Ma bandelette gauche a décidé de me faire des siennes.  
J'ai couru les 3 ou 4 premiers kilomètres sans problèmes et avec entrain.  
Ensuite, j'ai réussi à alterner 1 minute course, 1 minute marche durant à peu près 10 autres kilomètres. 
J'ai essayé de m'étirer plus longuement, mais la douleur est revenue rapidement.  
Lorsque je suis arrivée dans le village après le 1er tour, je pleurnichais parce que j'étais très déçue de ne pouvoir courir, je pleurais la mort de Monick et pour l'injustice du cancer de ma mère.  Eh, hé, c'est quand même comme une cure psychanalytique un Ironman!!!
Les seules choses qui m'ont retenues pour ne pas lâcher durant cette période, ça a été Maurice et Julie qui m'ont dit que j'avais été plus rapide pour ce 1er tour en course à pied que l'an passé, le gars qui m'a dit: "now, you need to go deep", le fait de savoir que la gang des Canisportifs me suivaient et aussi pour Susanna qui était bénévole au "running aid station #5" et qui m'avait dit: j'ai hâte de te revoir pour ton 2ème tour. 
Ensuite, mes jambes ne voulaient plus courir même si moi je le voulais!!! 
J'ai fait de la zoothérapie en m'arrêtant pour parler à un chien, Choco, qui ressemblait à Juliette (mais Juliette est la plus belle)!!!  Je me suis fait "licher" la face par un Golden retriever: c'est bon pour enlever le surplus de sel dans le visage!!!
J'avais quand même la ferme intention de continuer.  
J'ai eu des "partner" de marche qui ce sont joint à moi. 
Mike, Bart et David.  
J'ai jasé assez longtemps avec Mike.  Lorsque je lui ai dis que ma mère avait le cancer, il m'a montré sa petite épinglette "Winnie the Pooh".  Il m'a dit qu'il la portait à chaque course en mémoire de sa petite fille qui est morte d'un cancer très rare à l'âge de 18 mois.  
J'ai fait les derniers 12 kilomètres avec David, un ambulancier d'Ottawa qui était gros et grand (50 ans).  
On a jasé et on s'est encouragé mutuellement.  S'il n'avait pas été là, je crois que j'aurais abandonné.

Durant tout l'Ironman, j'ai beaucoup pensé à la douleur qu'a dû vivre ma mère avant qu'elle se fasse opérer, surtout quand j'étais sur le vélo avec mon mal d'estomac. 
Durant la course à pied, c'était à Monick que je pensais car elle avait des douleurs aux jambes.  
J'avais aussi beaucoup de peine pour la mort de Monick. 
   
Encore une fois, je retiens la grande leçon de solidarité et de partage qu'offre un Ironman.  
Je savais que le deuxième Ironman allait être plus difficile que le premier car j'avais des attentes et malgré le fait que je me sois moins bien entraînée, je voulais quand même essayer de battre mon temps total.  

J'ai trouvé ça très difficile cette année, mais je suis contente d'avoir passé au travers!  
Pendant que je faisais la course, je me disais mais qu'est-ce qui m'a passé par la tête de m'être inscrite pour Mont Tremblant en 2012???   Je vais me faire rembourser.  C'est la dernière fois que je fais un Ironman!!!!  J'ai quand même eu du jus pour faire un semblant de sprint pour les derniers 25 mètres, mais je me suis effondrée en pleurs dans les bras d'une bénévole après avoir passé le fil d'arrivée!!!

Aujourd'hui le souvenir de la souffrance commence déjà à s'estomper (à part mon ongle d'orteil du pied gauche que je vais perdre - je suis désolé d'avoir faussement accusé ma foulée à cause de Juliette)... et je serai prête à recommencer l'entraînement pour 2012 avec ardeur aussitôt que j'aurai mieux récupéré.   
Mais j'pense que je vais me reposer avant!!! 

Cette année, je ne ressens même pas le fameux "high" et la montée d'adrénaline... mais ça va avec ma philosophie de ce que c'est que faire un Ironman: ce n'est pas la fin du monde parce que ce n'est pas au centre de mon monde!  Il y a environ 2500 personnes qui ont fait le même exploit que moi!  

J'ai beaucoup de gratitude envers tous ceux et celles qui ont pris la peine de m'écrire pour m'encourager (soit ici, soit sur FB, DM ou Twitter), je suis sûre que c'est ce qui a fait la plus grande différence cette année. 

MERCI :-) 

En quelques mots, Lake Placid 2011 fût pour moi: 
Dur, dur, dur
Empreint de solidarité et de persévérance.
Nage: 1h29 (j'ai retranché 8 minutes par rapport à l'an passé)
Vélo: 7h59 (23 minutes de plus - ça doit être les arrêts aux puits et celui pour minoucher Barney et Franky!)
Course: 6h38 (1 heure de plus qu'en 2010 + un ongle d'orteil qui va tomber)




Ouf! 



mardi 19 juillet 2011

Monick: il faisait trop beau pour mourir aujourd'hui

Requiescat in pace Monick Fortin 
3 octobre 1942 - 19 juillet 2011


Monick, c'est la blonde de mon père, celle que je n'ai jamais nommé "belle-mère" car elle était bien trop gentille pour se faire attribuer le mot belle-mère qui est parfois lourd de sens.

Monick, 
c'était la joie de vivre, 
c'était les rires, 
c'était le goût des belles choses, 
c'était les conversations sur les derniers romans, 
c'était le goût de partager un bon repas,
c'était de parler culture.

Monick,
n'a jamais eu d'enfants, mais elle a été comme une mère pour moi et
ce fut la mère de tous les enfants à qui elle a enseigné le français à l'école secondaire.

Monick,
c'était une immense générosité, 
c'était une grande sensibilité toute cachée,
c'était un coeur incommensurable.


Monick,
Je suis tellement triste de n'avoir pas pu te dire au revoir, ta mort est trop soudaine.
Je veux te dire que je t'aimais beaucoup.
 J'ai été chanceuse que tu fasses partie de ma vie pendant plus de  30 ans. 

Merci Monick